Adrien Vinay

Chief Data Officer - Polyconseil

Son parcours

  • Diplômé de l’École Polytechnique en 2007
  • A commencé à travailler dans la Data fin 2009 chez Ekimetrics
  • A rejoint Priceminister avant d’entrer chez Polyconseil en septembre 2016

Interview réalisée en juin 2017

Bonjour Adrien, peux-tu nous présenter ton parcours ?

Après l’École Polytechnique, j’ai commencé ma carrière dans les énergies renouvelables, plus précisément dans l’éolien, en France et en Angleterre. J’ai travaillé sur des parties très techniques (estimations de productibles, modélisations physiques) et sur des développements de projets (sécurisation foncière, financement). En Angleterre, j’étais employé à des fonctions plus opérationnelles (reporting et optimisation de la production de champs d’éoliennes existants).

J’ai ensuite rejoint Ekimetrics en 2009. Nous étions 8 à l’époque. L’idée de départ était d’accompagner les directions marketing avec une approche quantitative, en se basant sur des modélisations statistiques et économétriques. On ne parlait pas encore de Big Data à l’époque. J’y suis resté 4 ans, nous étions une cinquantaine quand j’en suis parti. Ils doivent être environ 150 aujourd’hui.

J’ai rejoint PriceMinister en 2013, à une période où je souhaitais me rapprocher de l’opérationnel et des clients. J’ai intégré l’équipe marketing et je m’occupais de tout ce qui est fidélisation, connaissance clients et optimisation des taux de conversion. J’ai encadré une équipe qui est allée jusqu’à 7 personnes. Ce qui était intéressant, c’était de travailler avec des profils assez différents de  ceux que je manageais chez Ekimetrics [beaucoup d’ingénieurs avec un fort background technique]. Chez PriceMinister il s’agissait plutôt de personnes issues d’écoles de commerce. J’apportais une part plus analytique à un département drivé par le côté business !

Ensuite, j’ai travaillé en freelance pour de petites structures. Je leur apportais une expertise au carrefour entre Data, e-commerce et CRM [Gestion de la relation-client]… Depuis septembre 2016, j’ai rejoint Polyconseil, un cabinet de conseil spécialisé en innovation et en transformation digitale. Nous avons des équipes avec des consultants, mais aussi des profils de développeurs. Notre particularité, c’est que l’on intervient du cadrage stratégique jusqu’à la réalisation de solutions. J’y développe une practice spécialisée dans l’utilisation de la donnée. Mes collaborateurs sont des profils plutôt techniques qui sont très forts sur la partie modélisation, mais ce sont aussi des consultants avec des compétences en gestion de projet, des profils dév’ pour la partie Data visualisation, etc.

Qu’est-ce qui change quand une entreprise s’agrandit ?

A partir de 25-30 personnes, on atteint un seuil critique où des enjeux organisationnels apparaissent, puisque tout le monde ne travaille pas ensemble. Je pense que c’est intéressant de travailler dans de petites équipes, dans un environnement start-up, où on retrouve un commitment très fort chez tous les collaborateurs. Quand on rentre dans une entreprise où il y a déjà cent, deux-cents personnes, on découvre une organisation très différente ! Et quand on rentre dans une petite entreprise qui s’agrandit jusqu’à atteindre une telle taille, il peut être difficile d’y trouver son compte. Il n’y a pas le même état d’esprit, ni la même façon de faire. C’est très grisant de voir la croissance de l’entité, mais ça peut être assez perturbant aussi en un sens ! Une personne qui arrive dans une entreprise qui a déjà une centaine d’employés n’a pas les mêmes attentes que quelqu’un qui rentre dans une start-up. Elle s’attend à être formée, elle n’a pas les mêmes objectifs.

Quelles sont les choses qui t’ont étonné lorsque tu es entré dans le corporate ?

Le côté politique et le fait de devoir porter les projets en interne m’ont assez surpris. C’est une chose que l’on ne peut découvrir qu’en passant du côté du client ! Quand on est en position de consultant, on n’est pas responsable de la mise en œuvre de nos recommandations.

Par exemple, on peut constater que certains projets tardent à se mettre en place en discutant avec nos clients. Il y a un plus grand enjeu de collaboration entre les différents métiers en côté corporate. Dans le e-commerce, la partie développement est très importante pour pouvoir mettre en œuvre un produit. Quand on a déterminé que tel ou tel comportement peut déboucher sur telle ou telle action future, il faut pouvoir convaincre que notre analyse est pertinente et être en mesure d’insérer cela dans un programme qui est déjà assez chargé pour les équipes techniques. Ce sont des choses intéressantes à vivre et à voir !

Quelles évolutions as-tu constaté dans le conseil en Data au cours de la décennie ?

Quand on est entré sur le marché de la Data avec Ekimetrics, il y avait un vrai effort à faire au niveau commercial, pour expliquer comment la donnée pouvait être utilisée pour être plus pertinent dans sa stratégie. Sur la partie livrables, il n’y avait pas encore de Data viz, il était difficile de partager certaines informations. On avait donc beaucoup de livrables que l’on rendait sous forme de recommandations stratégiques. Ces dernières avaient beau être construites en fonction d’un modèle statistique, économétrique, ce que les clients attendaient c’est qu’on leur produise des recommandations pour les accompagner.

Aujourd’hui, ce n’est plus possible de fonctionner comme cela, on a besoin d’adopter une vision orientée « outil », qui répond aux questions : « à quelle interface je me connecte ? », « à quelles données ai-je accès ? », « quelles conclusions en tire-t-on ? ». Quand on travaille sur des sujets Data, il est devenu indispensable d’avoir des profils de développeur dans son équipe, pour être capable de développer une solution avec une interface permettant aux clients de voir les résultats concrets.

Quels sont les projets de l’équipe Data de Polyconseil aujourd’hui ?

Nous sommes en constant recrutement. Aujourd’hui, nous sommes une petite dizaine, on en est encore à nos débuts… On recrute plutôt des hauts profils : Ponts, X, Supélec par exemple. Ce qu’on cherche, ce sont des personnes qui veulent toucher à tout : développement, visualisation, business…

3 conseils pour les candidats qui souhaitent intégrer ton équipe ?

  • Soyez curieux
  • Renseignez-vous sur les MOOCs et auto-formez-vous !
  • Ayez un côté « couteau-suisse » !

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